La sortie du dernier Tueur est toujours un évènement et ce à plusieurs titres : Premièrement, on croyait la série terminée après le tome 5 et trois ans plus tard, les auteurs redonnent un nouveau souffle à cette extraordinaire série en relançant un nouveau cycle avec un album par an depuis maintenant 4 ans. Deuxièmement, les auteurs sont la série et inversement : j’ai rarement vu une telle constance pour une série de qualité sur bientôt 10 tomes maintenant. Il n’y a bien que les séries classiques pour accomplir un tel exploit. Et Troisièmement parce que cette série est incroyable et les auteurs ne m’ont pas déçu jusqu’à présent (Touchons du bois).

Certes, cette constance pourrait se transformer en monotonie, le pragmatisme extrême du tueur pourrait lasser, on pourrait également reprocher aux auteurs de ne pas assez se renouveler. Pour ma part, je trouve cela plutôt rassurant. Et puis quand on relit les tomes précédents, on découvre que le tueur évolue, il fonde une famille, il prend des risques pour ceux qu’il aime, il succombe au désir d’une autre femme... Bref, son personnage s’étoffe et sort quelque peu de sa caricature autoproclamée qui pousserait presque à la sympathie (malgré tous les travers dont il fait l’objet) : Maintenant qu’on sait que ce n’est pas qu’une machine, qui ne s’est pas imaginé dans la peau de ce personnage, tirant les ficelles en marge de la société et vivant une vie complètement atypique? C’est quelque part ce qui fait le succès de cette série, on vibre au rythme de ces complots et ces assassinats, espérant toujours secrètement qu’il va s’en sortir, bien qu’au fond on sait bien que ses actes vont bien finir par le rattraper. Mais on espère sans cesse, repoussant l’ultime échéance. Vas-y Tueur, montre-leur, tu es immortel!

Auteurs : Matz (scénario), Luc Jacamon (dessinateur)
Parution : 11 mai 2011
Editeur : Casterman
Collection : Ligne Rouge
ISBN : 9782203031784