Alors que je pensais que cela ne pouvait être pire que le premier tome, Larcenet réussi le tour de force de nous imposer une double vision de ce deuxième album : 1. Il est beaucoup plus sombre que le premier, et 2. il fait apparaître le premier comme une belle histoire pleine d’espoir. D’ailleurs, comme le dit si bien Polza aux inspecteurs, après un été à la Pagnol, il vécu un hiver à la Zola. Et Pourtant, on sentait bien que ça allait se dégrader, compte tenu de la fin annoncée, mais il restait l’espoir d’un malentendu, d’une erreur d’aiguillage qui disculperait Polza d’une façon ou d’une autre. Cependant, la fin de l’été s’annonce, et Mancini, qui s’éloigne progressivement de sa quête du Blast, va devoir trouver un toit et de quoi subvenir à ses besoins. Et c’est là qu’il va sombrer dans l’univers de la drogue, à commencer par l’horrible Saint Jacky.

Comme le premier tome, l’Apocalypse selon Saint Jacky fait 200 pages, qui s’avalent en un instant, tellement l’histoire est prenante. Manu se surpasse une fois encore, au dessin, bien sûr et toujours, mais surtout grâce à l’histoire, qui transpire à la fois l’horreur, mais qui la rend aussi fascinante. Peut-être justement parce qu’il ne s’agit pas de l’horreur du personnage, qui bien que répugnant, est attachant par sa naïveté et sa détermination. Non, il s’agit bien de l’horreur de son parcours, l’horreur de l’évènement déclencheur - la mort de son père - qui le fait basculer du mauvais côté, et la gravité faisant le reste, va le faire sombrer jusqu’au fond.

Je ne puis conclure cette chronique sans parler du parallèle entre Blast et Souviens-toi que tu vas mourir de Xavier Beauvois. On y retrouve ce même schéma, un étudiant en histoire de l’art bien sous tous rapports qui, à cause d’un évènement déclencheur, va basculer et finir par toucher le fond. Il rencontre cependant Claudia, interprété par Chiara Mastroianni, dont il va tomber amoureux et qui va lui offrir un semblant de stabilité. Peut-être que similairement dans Blast, c’est Carole la victime qui va lui offrir cet équilibre qu’il recherche. Nous aurons la réponse, je l’espère au prochain tome, d’une série qui en prévoit 5.

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