J’ai rencontré l’auteur, Elodie Durand, en même temps que j’ai découvert son œuvre à Angoulême cette année au stand Delcourt. Je venais pour une dédicace et dans la queue j’ai donc pris le temps de lire ce livre. J’y ai tout d’abord trouvé un mélange de légèreté et de naïveté dans le dessin et de dans le propos d’Elodie qui se trouve progressivement confronté à une perte de ses capacités intellectuelles et de ses repères temporels et qui l’empêche de prendre véritablement conscience de sa maladie. Puis vient l’organisation à l’aide d’un carnet de notes, afin de poursuivre sa mémoire et enfin le constat de la maladie et la descente aux enfers. Ce décalage entre la légèreté de son ton, et la dureté de son propos m’ont profondément bouleversé - j’en avais les larmes aux yeux.

Et puis progressivement, on la voit reprendre le dessus, s’accrocher à des activités, pleine d’espoir. Et puis je vois Elodie face à moi, pleine de joie de vie, et qui semble complètement rétablie, plusieurs années après des études d’art décoratifs et reconvertie dans la BD (Et qui m’a offert un joli crobard dans mon exemplaire)

Une belle histoire pour une magnifique interprétation – et qui finit bien en plus – je ne spoile rien, si elle finissait mal, la parenthèse n’aurait pas existé. Bref un prix de la révélation complètement mérité et qui marque – je l’espère – le début d’une longue et fructueuse carrière dans le 9e Art.