A mi-chemin entre Ballade au Bout du Monde, le Livre de Jack et l’Incal, Makyo renoue avec les scénarios alambiqués avec une pointe de fantastique dans un monde réel – ici en tant que précurseur de la mouvance ésotérico-religieuse du triangle secret ou du troisième testament. Bien que celui-ci soit d’une grande originalité, il reste en surface d’un univers prometteur mais insuffisamment développé. A croire que plusieurs cycles étaient prévus à l’origine. Au final beaucoup de thèmes sont touchés du doigt sans être véritablement approfondis. Ce qui fait aussi une partie de son charme. On y retrouve aussi une montée en puissance du fantastique pour finir en apothéose - à la fin du troisième tome, on se retrouve aussi perplexe qu’à la fin de l’Incal. Je n’en suis pas plus éclairé, mais à la rigueur, tant mieux : je me suis laissé entrainé dans une folle poursuite du héros qui à force d’éviter d’être débordé par les éléments qu’il ne maitrise pas, va se retrouver malgré lui au cœur de la bataille.

Presque 15 ans avant W.E.S.T, on retrouve également un Christian Rossi au dessin démontrant une certaine maîtrise sauf en de rares occasions. On pourra noter égalements une influence moebiusienne - dans ses personnages en particulier.

Sans être du niveau d’un Incal – auquel il me fait beaucoup penser - ou d’un premier cycle de ballade au bout du monde, le Cycle des Deux Horizons pêche sans doute par excès d’ambition non assumée. A vouloir trop creuser l’univers, on finit par se perdre dans de nombreuses voies exploratoires sans réelle sortie. On retrouve au final un scénario un peu confus un tome 3 qui peine à remplir les promesses des 2 premiers. Je me suis néanmoins pris au jeu de l’histoire et j’ai passé un agréable moment en compagnie de Jordan, Selma et les autres. C’est une intégrale que tout amateur de bandes dessinées se doit d’avoir lu au moins une fois, à défaut de posséder.